le retour de mission
Témoignages

Le retour de mission

Tout au long d’une absence, on essaye chacune de trouver des motivations, des dates clés pour nous aider à avancer. On réagit très différemment en fonction de nos caractères, notre vécu, notre situation familiale également. Il est donc logique que le retour de mission soit vécu de façon unique à chaque fois. Voici en miroir de son article émouvant sur le report de retour de mission, la vision d’ A-C de ce jour tant attendu. Un retour surprise avec plusieurs semaines d’avance.

 

Le retour de mission: les retrouvailles !

 

On les imagine, elles sont notre moteur et notre récompense. On les rêve, on les appréhende aussi parfois. Oui je veux parler de ces fameuses retrouvailles, cette « lumière retrouvée » au bout du tunnel, ce jour tant rêvé. L’absence pendant des mois nous aura fait ressentir ce manque tellement profond, parfois il nous fait idéaliser et oublier certains détails qui pouvaient, O combien nous agacer. Mais ces retrouvailles, je les ai tellement attendues, tellement rêvées, parfois les larmes aux yeux d’imaginer ce moment ou enfin je le verrai devant moi. Est-ce que j’allais courir vers lui ? Rester figée ? Lui sauter au cou ou au contraire rester sur la réserve ? J’imaginais tous les scénaris possibles. J’imaginais la robe, les premiers mot que l’on se dirait.. Puis j’avais aussi imaginer la joie des enfants, ce moment de joie si pure de deux enfants sautant au cou de leur papa.

J’avais aussi imaginé la partie plus « sombre » de ce retour. Beaucoup de discours sur « tu verras c’est pas facile de se réapprivoiser, il n’aura plus de patience pour les enfants » ou encore « Il ne faut pas le brusquer, il aura la tête dans sa mission, il sera encore absent.. » D’un naturel déjà réservé, j’appréhendais ce « retour du héros », avec la peur d’une désillusion et d’un équilibre trop chamboulé pour être retrouvé.

 

“Il était là, pour de vrai…”

 

Et puis finalement, il est revenu, un soir, ce n’était ni la robe que j’avais imaginé, ni même l’effusion de sentiments retrouvés. C’était.. réel. Il était là, pour de vrai. On avait tous les deux un peu échangé avant ces retrouvailles, moi mes inquiétudes et lui plutôt rassurant « ça va bien se passer ». Si je devais décrire par quelques mots ces retrouvailles, je dirai « bienveillance, tendresse et écoute ». Donc oui, c’est vrai il avait la tête dans sa mission, mais j’ai pu l’écouter, comprendre ce qu’il a vécu, ressenti.. Nous avions du mal à communiquer en profondeur durant l’Opex, les lettres n’étant pas possibles, seuls nous restaient les messages et le téléphone une fois par semaine. Mais avec du recul,  cela donne une fausse idée de la communication et rien ne remplace un tête à tête.

Sa place de papa, il a eu a cœur de la reprendre très vite, avec plein d’amour. Les enfants ayant changés, le petit dernier ayant appris à marcher. Il les redécouvre et fait preuve d’une patience que j’ai rarement vu chez lui. Je m’efforce de m’éclipser, même si l’envie de les voir ensemble est très forte. je sais que ma présence peut parasiter ces moments uniques et tellement nécessaires. Nous nous étions préparé aussi à des retrouvailles un peu difficiles avec les enfants : test de l’autorité paternel à
3ans ½ et ignorance à 18 mois.

Ils ont déjoué tous les pronostics. Ils n’en finissent pas de rattraper les câlins perdus avec leur papa. Leur équilibre retrouvé semble les combler de nouveau. Nous faisons attention à être en accord avec nos décisions. Ayant lâché sur certains points durant son absence, nous essayons de recadrer doucement sans créer de « gentille maman, méchant papa » ou inversement.

 

Le retour de mission après 5 mois de séparation

 

Nous avions imaginé aussi un voyage en amoureux au retour. Tout le monde autour de nous nous disant qu’il était très difficile de se retrouver tant qu’on était pas parti tous les deux. Le Covid aura décidé autrement et le seul voyage possible aura été .. dans le jardin. Mais en fait, ça aussi, nous nous en accommodons très bien. La vie est ainsi et le bonheur d’être de nouveau ensemble surpasse toutes les petites frustrations. De mon côté, la fatigue des 5 mois seule se fait sentir. Mais sa présence permet de me décharger petit à petit de cette charge mentale, la plus épuisante finalement.

Il reprend sa place d’époux de « chef de famille », d’homme à la maison. Il est plein de reconnaissance, même s’il ne fait ni sérénade, ni mot d’amour à rallonge. Je sens dans son attitude une vraie envie de me rendre la pareil et une vraie compréhension de la fatigue que j’ai pu engrangé. Je n’ai pas besoin de lui expliquer et de lui faire ressentir mon amertume ou lui faire « payer » quoique ce soit. A aucun moment je ressens de l’amertume et je ne lui en veux pour rien. Je suis juste heureuse de l’avoir à nouveau auprès de moi.

Cette OPEX aura vraiment été une épreuve personnelle, familiale et conjugale. Si elle aurait pu être révélatrice de failles elle aura surtout été, pour nous, révélatrice de toutes nos forces. Elle aura sublimer notre amour et nous aura encore plus fait goûter au bonheur d’être ensemble. Ainsi qu’à la chance de pouvoir se réveiller au côté de cette personne qui fait tant battre notre cœur.

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