fille de militaires
Témoignages

Etre fille de militaires, c’est être fière

Voici un bel article destiné aux parents comme aux enfants de militaires. Il est pour ceux qui se demandent ce qu’il peut bien se passer dans la tête d’un enfant au fil des années, des déménagements, des départs. Ce que l’on retient surtout, c’est qu’être fille de militaire, c’est être fière.

Ma vie au rythme des mutations et des absences

Mes parents portent le kaki avant de porter le bleu gendarmerie. J’ai vécu au rythme des mutations et des absences. Un père mobile et donc très souvent en déplacement en outre-mer, et une mère qui devait faire ses preuves dans une institution qui commençait tout juste à se féminiser.

C’est donc entre absences prolongées et essayages de vareuses que j’ai grandi.

Au départ je le vivais comme un fardeau

Pendant longtemps, j’ai vu le métier de mes parents comme un fardeau. Entre les railleries à l’école, les déménagements à répétition, j’avais l’impression que leur métier était une casserole de plus à me traîner. Mais aujourd’hui, j’ai 21 ans et je ne saurais être plus fière d’eux. Ils servent la patrie avec fierté et sont entrés dans l’institution par vocation. Être fille de militaires à forgé ce que je suis et je ne peux que les en remercier. J’ai appris la mobilité. Bien que pesante, parfois, j’ai appris à créer du lien très vite et j’ai une capacité d’adaptation folle qui, je crois, n’aurait pas été possible sans le nombre incalculable de déménagements que j’ai vécus ces dernières années.

L’armée c’est une seconde famille

J’ai aussi appris l’esprit de corps et la cohésion avec la vie en collectivité. Je vis en caserne depuis toujours. J’ai vécu en appartement comme en pavillon. Dans une grande comme dans une petite caserne à six. Mais de tous ces endroits, il n’y a qu’une seule chose qui en ressort. Les militaires, c’est une deuxième famille. J’ai été gardée par des filles et des femmes de militaires. Aujourd’hui, c’est moi qui garde les petits monstres de la caserne. La boucle est bouclée. J’ai fêté mon bac avec mes voisins. J’ai appris que j’avais mon année universitaire dans le salon de mes voisins. Je sais où trouver une épaule pour pleurer. Je sais où trouver un canapé après une soirée un peu arrosée si je ne veux pas rentrer chez moi.

Vivre avec des militaires, c’est vraiment avoir une deuxième famille et je suis persuadée que vous ne le savez que trop bien. Le respect de l’ordre et de la hiérarchie fait partie intégrante de ce que je suis. Et ça, je pense que c’est propre à l’éducation que j’ai reçue. Mettre un pied en dehors de la ligne était inenvisageable et ça l’est toujours d’ailleurs. J’ai un profond respect pour les supérieurs de mes parents quand je les croise. On omettra ici le fâcheux épisode où j’ai regardé un officier droit dans les yeux avant de lui sortir que « de toute façon, les officiers, c’est que des menteurs ». J’avais six ans et on venait encore de m’annoncer que l’on changeait de maison alors que l’on m’avait promis que non… Innocence enfantine.

Etre fille de militaires, c’est être fière

La chose essentielle que je retiens, c’est que je suis profondément reconnaissante du service rendu à la patrie. Je suis infiniment fière d’eux. Alors oui, ça n’a pas toujours été simple. Oui, on n’a pas une vie de famille de folie. Oui, c’était dur de voir mon père partir. J’ai mis très longtemps à comprendre. À encaisser ses absences. Aujourd’hui, j’ai compris et intégré. Ce sentiment d’abandon n’est pas tout à fait pardonné.
Un jour, peut-être. Je ne peux pas vous promettre que vos enfants vivront les absences répétées et prolongées sereinement. Ils vous rendront certainement responsables comme j’ai pu le faire. Tout ce que vous pouvez faire, c’est les entourer et les aimer profondément pour essayer de pallier ce manque. Mais un jour, ils comprendront. Comme j’ai fini par comprendre.
Bien que, je vous avoue la récente demande d’OPEX de mon père m’a fait un pincement au cœur.

« pour la patrie, l’honneur et le droit »

Je pensais cette période de notre vie révolue. Peut-être pas finalement. Mais je suis certaine que je vivrais cette période plus sereinement. On ne vit pas les choses de la même manière à 4 ans et à 21.
Et s’il part, je serai fière. Fière qu’il serve son pays et s’engage encore et toujours pour la paix. Je serais fière comme je l’ai été quand je l’ai vu défiler pour le 14 juillet. Je serais fière comme j’ai été si fière de la prise de commandement de ma mère en septembre dernier. De plus hautes responsabilités pour son dernier poste avant un adieu aux armes.
Parce que tout ça, au final, ce n’est que « pour la patrie, l’honneur et le droit ».

Etre fille de militaires, c’est être fière !

M.A

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