burn out femme militaire
Témoignages

Burn out chez la femme de militaire : ces blessures invisibles

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Nos hommes ont reçu une préparation physique et mentale pour endurer les épreuves qui incombent à leur métier.

Il est assez courant d’entendre qu’être femme de militaire, c’est également épouser leur métier, presque un métier à part entière.

Mais quelle préparation avons nous reçue, quelle aide recevons nous ?

Les « Tu le savais » et autres réponses d’autrui à nos signaux de détresse, ne nous permettrons pas de sortir la tête de l’eau. Alors que faire, en temps que femme de militaire, pour anticiper un burn out et pour remonter une pente.

 

Les blessures invisibles

 

Les blessures invisibles, je parle bien de celles que nul ne peut voir. Celles que l’on oublie nous-même, mais qui sont pourtant là, bien ancrées. Celles qui remplissent notre vase de l’inconscient pour un jour le faire déborder.

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec un psychologue de la base aérienne de Ochey près de Nancy. C’était lors d’un travail sur le Stress Post Traumatique. Je le nommerai SPT à partir de maintenant. En France, c’est en 1915 que l’on pose le diagnostique du SPT. En pleine 1 ère Guerre Mondiale, le Service de Santé des Armées met en place des services neuro-psychiatrique. Cette maladie peut être parfois silencieuse, parfois un vrai handicap pour le militaire et sa famille.

 

Le Stress Post Traumatique

 

Je vais tenter de vous donner une définition complète mais simple du SPT, en regroupant l’ensemble de mes recherches. Ce syndrome va induire chez le patient une réaction anormale quant à un stimuli extérieur. La vision d’une personne, d’un objet, le fait de sentir une odeur, d’entendre un son va alors entrainer chez cette personne une crise d’angoisse intense. C’est comme si un cortège de sensations ou d’images venaient submerger le cerveau de la personne atteinte. Il va en découler tous un tas de symptômes qui sont aussi nombreux que les patients atteints.

J’ai pu en observer quelques un chez les pilotes revenant de mission lors de mon travail de recherche sur la base 133.
Il y a en premier la manifestation physique de l’angoisse, tachycardie, sueur, larmes…Tous ce qui est caractéristique d’une grande peur. Le repli sur soi et l’éloignement affectif sont aussi des symptômes fréquemment rencontrés. Les idées négatives, le sentiment de culpabilité, de honte…
Au long terme, s’il n’est pas pris en charge, le SPT peut s’installer et devenir une pathologie chronique. Ce qui apporte un lourd préjudice au militaire, à son équipe, à sa famille…

 

La routine qui rasure

 

A ce stade de lecture, vous vous demandez surement où je veux en venir. Quel est le lien avec nous, les Aiglonnes. Bien évidement ce qui touche nos militaires fait partie intégrante de notre vie… leurs épreuves sont les nôtres.
Dans la vie, nous essayons tous d’avoir une petite routine, celle qui rassure, qui permet de ne pas finir la journée sur les rotules.

Il n’y a pas de honte à ça !

Au contraire, la routine peut permettre de prendre le temps de s’arrêter. De réfléchir, de regarder autour de soi. Son conjoint, son enfant, une amie, une voisine…Je parle de la routine qui donne de l’avance, qui structure nos journées. Celle qui rassure.

Pendant le confinement, des personnes se sont révélées, découvertes. Il a pu permettre de se rapprocher, de se confier, ou alors de creuser le gouffre entre nous et le reste du monde.

 

La charge mentale

 

Dans un article précèdent on parlait de la charge mentale. Cette charge qui nous incombe, que nous pouvons décharger en partie, mais qui fait partie de chacun. D’ailleurs ce n’est pas une charge propre à la femme.

Depuis une 15 aine d’années, la « cellule Famille » soutient ceux restés chez eux, tandis que leur proches partent durant de longs mois. C’est réellement qu’il y a un besoin de soutenir, de préparer, d’aider ceux restés en arrières. Je me souviens parfaitement de 2 femmes qui me sont proches, évoquer avec tristesse, les propos d’amis lors d’une mission de longue durée de leur conjoint. Combien de fois avons nous entendu lors d’une mission  » Comment va t’il ? » , « ça doit être dur pour lui ! ». Qui n’a d’ailleurs pas organisé une fête de retour pour le retour du héros.

Qu’en est-il de nous ? Nous la femme de militaire restée qui a frôlé le burn out.

 

On oublie vite

 

Après s’être donnée corps et âme pendant de longues semaines. Après avoir réussi à maintenir le cap, seule, au lieu d’être à deux comme d’habitude. La pression retombe, le quotidien redevient plus simple, moins fatigant. Et la magie fait que l’on oublie… La joie des retrouvailles lisse les plis que sont les épreuves rencontrées. On oublie oui ! Mais notre mémoire non. La complexité du système cérébral fait que toutes ces émotions, la tristesse, la colère, toutes les larmes versées, le stress ressenti, la douleur, restent.

Tout cela est bien tranquillement enfoui dans un petit coin de notre mémoire. Le SPT est une pathologie de la mémoire.

Qui n’a jamais ressenti un stress disproportionné lors d’un départ de seulement quelques jours ?

Qui a  déjà eu l’impression de perdre pied à l’annonce d’un déménagement?

N’avez-vous jamais à un moment ou un autre fait une sorte de décompensation, un ras le bol, ou ressenti un sentiment de déprime ?

 

Le burn out chez la femme de militaire

 

Pour avoir rencontré de nombreuses femmes tout au long des mutations et bien sur grâce à mon histoire personnelle, je suis en droit de soumettre l’idée que le SPT n’est pas réservé à celui qui part.

L’ensemble des émotions que l’on ressent tout au long de notre vie de femme de militaire va nous modeler. Nous rendre plus forte du fait de l’expérience acquise, mais va également nous abimer.

Tout comme nos conjoints, nous sommes soumises à rudes épreuves d’ailleurs. Sauf que quand ils partent nous devons continuer à vivre, quand ils reviennent, nous sommes tellement heureuses que nous oublions ! Et pour le mieux! Je ne suis pas entrain de dire qu’il vaudrait mieux ne pas oublier, sans ça notre espérance de vie en couple serait considérablement réduite. Mais nous devons prendre conscience que nous avons souffert, dans notre tête et notre corps et ça il faut le prendre en compte pour ne pas oublier.

 

Ne pas oublier pour guérir

 

La peur, le stress, l’attente, l’incertitude, l’abandon, la solitude, l’incompréhension, la tristesse, la lassitude, l’indifférence…

 

Ressentir tout cela pendant plusieurs semaines et en même temps devoir continuer à travailler, s’occuper d’enfants, gérer un déménagement, une naissance, un retour de mission reporté une Xème fois, des problèmes familiaux, un décès, relève de l’exploit. Un exploit qui n’attend aucune médaille, aucune citation.

Je me souviens d’avoir lu un poème il y a plusieurs années qui m’avait particulièrement touchée. Je me rappelle de ce passage :

 

« Femme de militaire que l’on ne voit pas.

Ton cœur comme  fusil et l’amour comme uniforme.

Ni grade, ni mission officielle, tu fais partie intégrante l’armée. 

Pas d’entrainement, tu improvises au quotidien dans l’attente et l’inquiètude.

Tu es celle qui joue sa vie en première ligne. »

 

Nous sommes sans aucun doute des soldats du quotidien. Des soldats ont besoin d’attention particulière du à notre métier qui peut exposer au Burn out. Nous devons prendre soin de nous !

 

Quand aller mal devient un luxe

 

Le risque, au long terme est d’accumuler tout cela avec notre bagage émotionnel de vie. Sauf qu’un jour, sans prévenir, tout explose. A force de ne pas réparer ce qui a été abimé au fil des années, les dommages sont énormes.

Mais encore faut-il s’autoriser à aller bien.

Quand le droit d’aller mal est devenu un luxe. Quand on ne s’autorise pas à aller mal, quand l’entourage ne nous laisse pas aller mal. C’est évident qu’un jour, on s’écroule.
Si comme le Stress Post Traumatique, le burn out chez la femme de militaire était reconnue, nous serions nombreuses à nous autoriser à flancher, à nous écrouler de temps en temps.

 

  » S’autoriser à aller mal, c’est le premier pas pour aller mieux »

 

Alors, à l’échelle individuelle, prenons le temps de regarder autour de nous.

Il est fort probable qu’une amie, une connaissance, une femme… n’attende qu’un regard compatissant, un « comment vas-tu » bienveillant pour s’autoriser quelques larmes…

17 Comments

  • Lulu

    Bonjour,
    Merci pour ce texte magnifique et bien écrit. Il résonne cependant en demi-teinte car, si je me suis retrouvée dans certains points, j’y ai surtout trouvé une description du tableau de la maison…quand je suis en OPEX. En effet, bien que nous soyons peu nombreuses (10% lissé sur tous les services/directions/armes/…) ce n’est pas moi qui suis en base arrière…c’est mon mari qui tient et assume la ligne de soutien quand je suis en 1ère ligne.
    Nous sommes tous deux dans l’institution et tenont à tour de rôle (dans un cycle quadriennal) la base arrière. Nous sommes donc tous deux exposés au SPT…et c’est ce que nous sommes en train de vivre…mais je ne suis pas la patiente…
    Alors…même si vous êtes des aiglonnes du tonnerre, n’oubliez pas que même nos pélicans…

    Merci pour tout

    • Doudette

      Bonjour,

      Merci pour ce bel article dédié aux conjoints de militaires. Car oui les aiglonnes sont une majorités mais comme l’a dit LULU plus haut des pélicans assurent aussi ce rôle.
      Je suis en plein dans cette période de gestion permanente et le covid n’a pas aidé à nous faciliter les choses. 2 enfants de 4ans et demi au départ de papa et 5ans maintenant car anniversaire sans papa et bientôt 7 ans pour notre aînée qui devait les fêter avec papa et on vient d’apprendre que la relève a été annulée pour raison familiale. Il devait rentrer vers le 8/06 après protocole covid. Et bien ce sera plus vers le 8/07… donc nos 3 anniversaires de 2020 auront été avec papa à distance. Et moi oui je suis fatiguée de tout gérer et là reprise de l’école angoisse parents et enfants donc Pfiou mission 2020 on s’en souviendra. Mais on « oubliera » quand même des choses mais pas tout c’est promis 😉
      Belle continuation à tous et merci encore
      Pauline

  • AP

    Je tiens à rendre un vibrant hommage à toutes les épouses, compagnes d’un militaire. J’ai effectué une longue carrière et dois une grande partie de ma réussite à mon épouse. Elle n’est pas la seule, j’englobe la majorité. Je dirais que nous vivons « notre passion » de façon égoïste. A l’époque nous partions souvent en manœuvre, 15 jours voir 3 semaines et cela plusieurs fois dans l’année. Qui s’occupait des enfants, de la gestion du foyer: l’Épouse, la Compagne. Ensuite est arrivé l’époque des OPEX. C’était 4 voir 6 mois. Parfois le départ a eu lieu en « coup de sifflet bref », 48 voir 72h.
    Il faut gommer cette image « la femme fait partie de paquetage ». C’est vous que l’on doit décorer. Bien sur il ne faut retenir que les bons moments et souvenir. Je sais difficile parfois.

    • Doudette

      Merci AP pour votre message. Et votre soutien, reconnaissance.
      Femme de militaire depuis 10ans bientôt, j’ai connu le départ en urgence prévenu à 18.30 pour un départ à 3h du matin mais sans idée de durée alors qu’il partait 4mois après pour 6 mois d’opex, donc il est revenu 2 mois et reparti 6. On s’est vu 4 mois en 1an en pleine préparation de mariage alors que ce faisait quelques mois que nous avions emménagé ensemble. Ça renforce les liens quand ça ne les détruit pas. C’est une épreuve qui nous forge. Mais effectivement il n’y a pas que les Opex qui sont dures à vivre pour un conjoint de militaire. Une scolarité d’officier sur 1an avec des terrains et 2 enfants en bas âge c’est rude aussi. Puis la première mission avec enfants où on doit gérer les états d’âme de chacun tout en mettant les siens de côté pour quand on est seule et qu’on s’autorise de laisser la soupape faire ce qu’elle peut pour nous apaiser un peu. Et le départ en opex, où l’on s’est préparé ainsi que ses enfants et qu’on envisage normale mais où survient le confinement Covid-19. Et bien on se dit comme d’habitude c’est quand nos militaires partent qu’on doit affronter des tonnes de choses imprévues et les écarter du mieux possible mais non sans conséquences morales ou physiques …
      je prends votre décoration et effectivement on gardera les bons moments et bons souvenirs au dessus des moins bons.
      Belle continuation

  • celine martin

    Trop tard pour moi. Je suis en plein Burn out. J’ai craqué après 33 ans de mariage avec un militaire, deux enfants, et plus de 10 OPEX pour mon mari.
    Moi, la femme forte, la mère parfaite, l’épouse parfaite, et l’employée parfaite.
    On (mon mari et l’institution) ne m’ont pas donné la reconnaissance, que je pensais mériter. Pour mon mari, tout ce que j’ai vécu est normal. Il y a plusieurs professions qui demandent des sacrifices au conjoints. Soit…
    Mais, nous, en attendant, on gère tout, mission ou pas mission. Dans mon cas, sans aide familiale. On n’a pas de « sas de décompression » et souvent aucun soutien de la part de la hiérarchie.
    Celà fait quatre ans que mon corps a dit « stop », que j’ai eu tellement de tensions, qu’elles sont ancrées dans mon corps et me font souffrir au quotidien.
    Cette vie m’a USEE jusqu’à l’os. J’ai donné toute mon énergie et je n’en n’ai plus.
    J’étais une femme gaie, active, sportive et aujourd’hui, je suis une loque. Je ne peux plus rien faire, plus de sport, plus de sortie, plus de calins.
    Voilà ce qu’il se produit lorsque tous vos efforts pour tenir votre famille d’une main de maitre et que finalement, on vous dit : c’est normal.
    Je souhaite réellement que le regard des hommes militaires changent sur le sort de leurs épouses, car ils ne savent pas ce que nous vivons, tout simplement, ils ne l’ont pas vécu. Et nous, pas de médaille…

    • Les Aiglonnes

      Bonjour Céline, malheureusement vous êtes loin d’être la seule dans ce cas… j’en ai même de très proche dans mon entourage. Après une vie de sacrifices, ou sont les remerciements… Courage. Anne

      • céline

        Merci Anne, je viens de retomber sur ces témoignages. Effectivement, je ne suis pas la seule dans ce cas et ça fait du bien de le savoir. Mon cas, aujourd’hui ne s’est pas arrangé. Je n’ai toujours pas de reconnaissance de mon mari déjà. Pour ma famille, tout est normal, sauf mon état de santé évidemment, car mon corps a lâché. Et oui, je pête un peu les plomb parfois. Mais à part, mes vrais copines, personne ne comprend. Je suis vraiment remontée contre ce manque de considération, mais je me rends compte qu’à force d’avoir assumé toutes les situations, seule et sans rien dire pour ne pas inquiéter personne ne sais ce que j’ai vécu vraiment. J’ai préservé mes enfants, qui ne se sont rendu compte de rien ou presque. Et quand mon mari raconte son passé familial, ça n’est pas le même récit que moi. Car à l’époque, j’ai pris beaucoup de chose sur moi, pour qu’il fasse sa vie mili. En juillet, il prend un commandement, et j’ai l’impression de n’être même plus concernée. Je n’irai pas à la cérémonie faire la potiche (toute mimi et toilettée pour l’occasion). Je suis fière de lui. Mais moi? Je mérite quoi? Tout est loin de moi. Je vais vivre une fois de plus en célibataire géo (sans les enfans cette fois, qui sont grands)… Je ne supporterai plus un autre déménagement. J’y ai laissé des plumes, des amies, mes repaires, mes boulot, ma famille…

  • Bebel

    Depuis octobre 2020… 5mois… je cherchais une réponse à cette crise d angoisse et cette montée en folie de peurs . De ne plus pouvoir m’oxuxuxpe rée les 3 Enfants (6/10/12). D être devenue agoraphobe, d être arrivée à 47kgs…etc
    J ai tout cherché : l enfance avec la psy, les ostheo et l ORL car le corps débloquait… l acupuncture. Le yoga, les massages…brefs… pourquoi?
    Mais pourquoi surtout ai je tout lâche le jour où mon mari paraît en mission juste qq heures plus tôt ?.. c est ça… je découvre votre blog et je comprends
    Seule , 3 enfants, tout à gérer depuis leur naissance (dont 7 ans de « célibat géo « ) .. mon travail, les accidents de mon mari les deuils des autres….
    Je ne me suis jamais dis que je pouvais avoir fait un burn out … de ma vie!!
    Mon mari est u amour et donnerait tout pour nous .. mais il est aussi tellement parti depuis 15 ans…
    merci à vous toutes et je vous souhaite de reprendre doucement une vie sereine comme jy arrive petit à petit.

  • Bellanger

    Bonjour à toutes je ne sais pas si mon précédent poste a pu être publié. En tous les cas moi depuis octobre 2020. Cinq mois déjà. Je réalise que j’ai du faire un burnout femme de militaires. Le jour où mon mari est parti j’ai fait une très forte crise d’angoisse qui mentait déjà depuis quelques mois et j’ai et ensuite tu étais dans l’incapacité de plus en plus à pouvoir m’occuper de mes enfants de tout gérer comme on le fait chacune depuis très longtemps. Pour ma part cela fait déjà plus de 15 ans entre préparation de mariage solder grossesse j’irai naissance des bébés des départs a prévu etc. etc. Donc sept ans de célibat G.O. J’ai trois enfants(6-10-12 ans) . Aujourd’hui je sors la tête de l’eau mais j’ai réussi à ne pas prendre d’antidépresseurs grâce a beaucoup d’acupuncture d’ostéopathie naturopathie , hypnose, méditation….d’une belle écoute avec une médecin généraliste super. Et à vous lire je me rends compte finalement seulement depuis hier que je dois être dans ce système de burnout et à ma situation de femmes de militaires. Et j’aime mon mari il est extrêmement présent dès qu’il le peut très dévouée rien à voir avec le macho que l’on peut certainement parfois imaginer. Mais néanmoins je pense en avoir trop fait. Si certaines d’entre vous ont des témoignages aussi je suis preneuse et je peux donner monAdresse mail perso. Merci à cette communauté

    • Soph

      Bonsoir à tous,
      Je viens de tomber sur ce blog que je ne connaissais pas mais qui je trouve résume parfaitement ce que nous vivons. Nos maris devraient lire ces messages.
      Tous vos témoignages me parlent énormément, je me demande si je ne suis pas entrain de vivre ce burn-out. Être sur tous les fronts, sans avoir rellement de reconnaissance de son mari. J’ai l’impression qu’il ne s’imagine pas le travail que s’est de tout gérer au quotidien (enfants, maison, travail…) C’est la 1ere fois que je craque dès les 1ers jours alors qu’il part pour une « petite mission de 3 semaines »… , mais je pense que c’est l’accumulation. Les enfants aussi saturent… Ce n’est pas toujours facile de faire semblant que tout va bien quand tout va mal… Merci pour votre écoute!

      • Les Aiglonnes

        Ce qui peut aider c’est d’en parler, d’anticiper avant d’exploser ! Autant que possible, c’est toujours mieux quand son conjoint sache dans quel état d’esprit on se trouve. C’est ce que je peux retenir des recherches et de mon vécu. Il est plus facile de se remettre a niveau à deux, de parler avant de tomber dans le burn out.
        courage !! Anne

        • SOPH

          Merci pour votre retour. Pour cette mission, il est au courant que c’est « la mission de trop ». Il l’a bien vu… Mais malgré tout pas vraiment de retour de sa part, pas d’échanges sur le sujet… Le connaissant il doit se dire, c’est bon elle m’en a parlé, on passe à autre chose (c’est sa façon de procéder). Je lui ai envoyé le texte « et Dieu créa la femme de militaire ». Pour engager une conversation. Je n’ai eu aucun retour de sa part, même pas un smiley… Rien. Un grand merci pour votre écoute.

  • Élodie LA

    Bonjour à tous et merci pour ce texte. Il m’aide à me sentir moins seule.
    Un peu de reconnaissance, j’en ai tellement besoin. J’ai quitté un poste que j’adorais avec une équipe, des amis formidables pour suivre mon époux militaire lors d’une mutation en metropole. J’ai recreusé ma place professionnellement ici, je m’y plais. Mes amis me manquent mais on se voyait de temps en temps, je remontais les voir (avant la pandémie et les confinements).
    Puis il m’annonce qu’on devra partir à l’etranger Donc recommencer encore à m’integrer, laisser tomber mes projets de formations pour évoluer dans mon métier… Un bébé est arrivé entre temps que j’eleve seule, sans aide ni famille à proximité.
    Je n’ai plus confiance en le personnel de son régiment car j’ai eu des soucis (inondations, canalisations, guêpes…) dans la maison que nous louons, soucis que j’ai volontairement voulu cacher à mon époux en OPEX le temps que tout soit réglé ou en cours de réparation pour ne pas l’inquiéternel. J’ai fait appel au bureau des familles de son régiment (en pleurant presque car les problèmes s’enchaînaient rapidement et j’etais Seule avec bébé de 6 mois) en leur demandant de ne pas prévenir mon mari en OPEX et au final tout le régiment était au courant et ça lui ai arrivé au oreilles par quelqu’un d’autre que moi…
    Voilà, je m’épenche.
    Courage à toutes et tous. Merci d’avoir partagé ce texte et vos commentaires. Prenez soin de vous

    • Les Aiglonnes

      Il nous faut faire tellement de sacrifices, un métier de l’ombre ! Courage pour les épreuves et bravo d’avoir les épaules solides pour votre conjoint, ce n’est pas tous les jours facile. Anne

  • Nonomidepain

    Je viens de découvrir cet article, merci d’avoir su mettre les mots sur ce qui nous ronge .
    Je pense être loin du burn out, mais j’enchaîne les coups de blues depuis 2016 soit , depuis que Mr est entré dans la marine nationale.

    J’ai eu le droit à des « tu aurais dû t’en douter » « tu savais à quoi t’attendre »  » roh ça va, il a un salaire fixe et plutôt pas mal ! »  » La chance , il voyage beaucoup »  » t’as de la chance, prend soin de lui » , sans les commentaires de la belle famille….marin de grand père, à père, à petit fils , avec une mentalité où pleurer, ou être sentimentale c’est être un « fragile mentale », mais aussi  » continuer sa carrière jusqu’à obtenir une retraite à 100% et immédiatement, travailler pour l’argent ! La famille passe après » . Donc quand Mr pense à arrêter il se fait buriner le crâne sans relâche, et pourtant je leur démontré par A+B que ca ne nous réussi pas .

    J’ai obligé le célibat géographique pour rester sur Nantes. Mais, quand il y a de la houle après 4 ans, il vaut mieux faire des sacrifices, et rejoindre monsieur sur Cherbourg. (Quitter les amis, les opportunités, la vie tout simplement) . Et c’est quand tu obtiens ton permis, tu te fais de nouveaux amis, et qu’on te propose un CDI 35:00 , qu’on t’annonce : CAMPAGNE TERRITOIRE D’OUTRE MER 3 ANS , TAHITI. La folie sur le coups, et le morale qui tombe en miette après la réalisation du « Truc » .

    Tahiti, l’île de mon enfance, loin de l’image carte postale que l’on peut avoir, mais où tu t’y sens quand même bien .
    Repartir à zéro de nouveau, mon mentale et mon physique sont complètement k.o. Pourtant on communique, mais c’est toujours pris à la légère .
    À voir comment cela évolue. Mais ça fait un bien fou de le re re re dire, mais cette fois ci à des personnes qui comprennent . Bon, à 25,5 ans rien est définitif , mais ça fait beaucoup pour quelqu’un qui veut juste être posée et faire sa vie tranquillement.
    Je souhaite beaucoup de courage à vous tous, et que de l’espoir à venir !

  • Lilie

    Bonjour à toutes.

    Femme de militaire depuis 2010 je pensais que c’était gérable puis est arrivée mon premier garçon il a 10 ans maintenant premier séjour en Guyane 2011 une horreur il était jamais là après calcul 6 mois sur 2 ans on s’est vu.
    Après le retour dans le sud en 2015 naissance de mon garçon (un déni de grossesse) car à la base j’en voulait plus des enfants et là a commencer le cauchemard prendre des emplois précaires, essayer de se former piur avoir ma retraite car ui ce n’est pas en étant femme de militaire qu’on cotise.
    Il y a 2 ans il était en Côte d’Ivoire et le confinement est tombé quelques jours après son départ, j’en pouvais plus j’avais envie de me suicider, car pas de travail aucune considération aucune vie sociale.. Je suis tombée dans l’alcoolisme pour supporter mon deuxième qui a des troubles du comportement.
    Un enfant qui tape, qui hurle qui mord à supporter seule, je me suis battue pour quil soit suivit psychologiquement, j’étais pas aider par l’école qui n’hésitait pas à me dire de venir me chercher jusqu’à ce qu’il ai 3 ans (école obligatoire) j’ai vécue ça seule et j’ai fais un burn out qui a mener au placement de mes enfants, je n’étais plus capable de les gérer, j’ai perdu 10 kilos (43kilos) je l’ai appeller et supllier de rentré à 2 semaines de son arrivée et bien il a refusé.
    Aujourd’hui 2021 je me dis que j’ai fais la plus grosse erreur de ma vie à l’avoir suivie en séjour à Tahiti, en 2020 j’ai passé un diplôme je l’ai eu il ne m’a même pas félicité.
    La je ne travaille pas, je fais la continuité pédagogique piur mon fils qui rentre au CP mais le hic c’est que je n’ai pas appris à lire avec les alphas (nouveau système éducatif français depuis 10 ans) je recommence à boire des 9h du matin (des bières) je pense que je suis retombée en dépression car quand je vois tout ceux qui étaient dans ma classe travaillent et moi non 😅, j’ai dis à mon mari je vais aller bosser dans les îles autour il me dit que l’armée pourrait tiqué si il prend ses dispositions pour gérer NOS enfants.. Mais moi j’ai sacrifié ma vie pour sa carrière et j’ai quoi comme remerciement ? Pire j’ai appeler un adc pour avoir des renseignements pour bosser et quand je lui ai dit que si dans 6 mois je trouve pas de job je rentre en métropole il m’a dit mais il ne fallait pas se marier avec un troupe de marine.. Comme si que a l’âge de mes 19 ans je savais que j’allais faire une croix sur ma vie ? Si je le savais JAMAIS au grand JAMAIS je me serai mariée.. C’est la PIRE erreur de ma vie. J’ai 31 ans et je n’ai du bosser en tout que 2 ans.
    Alors avis à toutes les jeunes femmes ne vous mariez pas avec un militaire de l’armée de terre zéro zéro car vous n’aurez jamais de l’aide de l’armée ! On existe pas pour ce métier on sert juste à faire évoluer le militaire, lui qui touche de l’argent quand vous aviez des enfants… Pourquoi ne pas le verser sur le compte de celle qui reste au foyer ? Parce qu’on est pas militaire ? Non franchement ne faites jamais cette erreur si il vous dit qu’il est militaire passez votre chemin, sincèrement.

    Une femme qui a tout perdu, sa vie, sa joie de vivre, son statut de femme, sa jeunesse, une main devant une main derrière

    • Les Aiglonnes

      Bonjour Lilie, je découvre ton commentaire.. mais quelle histoire !!!! un drame. j’ai bien compris que tu étais à tahiti en ce moment mais en métropole tu as de la famille sympa pour t’aider, t’écouter ?
      C’est franchement dur ce qui t’arrive, un enchaine de plusieurs « merdes » à mon sens. Parcequ’il ne faut pas généraliser le métier de militaire. Ton mari est dur… ne pas voir les sacrifice que tu as fait et que tu continues à faire c’est juste horrible. Mais j’imagine qu’il a toujours été comme ca. on change rarement les gens. Mais quand sur une relation pas au top niveau communication on ajoute des bébés, des épreuves… n’étant pas des wonder woman et bien on craque et c’est normal. Pour « l’alcoolisme » comme tu dis tu te fais aider un peu ? c’est en plus pas à tahiti que ca va choquer..J’y ai habité, tout le monde boit, il fait chaud alors les bières coulent à flot. Courage! si tu veux discuter tu peux écrire sur lesaiglonnes@gmail.com c’est moi qui répond. Anne

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