accouchement sans mari militaire
Témoignages

Vivre un accouchement sans son mari militaire

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Voici un nouveau beau témoignage de Mathilde qui se confie sur son accouchement sans son mari militaire.

J’ai vu sa tête changer en quelques milli secondes. « Novembre ?… »

J’ai appris ce matin qu’un heureux évènement se prépare et en guettant le retour du travail de mon mari, j’ai imaginé plein de scénario pour lui annoncer cette nouvelle extraordinaire. Finalement j’ai balbutié et me suis juste mise à pleurer d’émotion : mon mari a compris tout de suite, bien plus vite qu’avec une mise en scène compliquée. Emotion intense, amour débordant, moment magique. Il a quand même fini par me demander pour quand ça serait. Et là le charme a été rompu.

« Novembre ?… »

Oui, comme toi, c’est assez drôle pour le premier.

« Mais… je ne serai pas là ! » En effet, il doit partir en octobre pour quatre mois.

Voilà, j’ai accouché sans mon mari, comme nombre d’entre nous l’ont fait, et comme beaucoup d’autres le feront. L’armée n’est évidemment pas la seule à faire cette surprise aux futures mamans, dans un monde où la mobilité géographique au niveau professionnel est maintenant la norme. Mais les absences répétées des militaires donnent un beau facteur multiplicateur de risques !

Et bien, figurez-vous que je n’en garde pas un mauvais souvenir. Je pense sincèrement que ça a été plus difficile à vivre pour lui, devenir papa à des milliers de kilomètres de son fils.

Chaque naissance est unique, comme chaque couple

Je ne suis personne pour prodiguer des conseils, surtout à propos d’un accouchement. Chaque naissance est unique, comme chaque couple. Ce dont je parle n’a donc aucune valeur universelle, ce sont les mots que j’aimerai dire à une amie qui va passer par là, et ceux que j’aurais aimé entendre. C’est donc à toi que je vais parler, toi qui te prépare à donner la vie sans ta moitié, toi qui va vivre ce grand bouleversement seule. Toi qui redoute ce moment ou qui au contraire s’en inquiète autant que du nom du chat de la voisine de ta cousine.

Dans mon cas, ce n’était donc pas une surprise, nous le savions dès le début. C’était notre premier, la logistique est donc bien moins lourde que si nous avions eu d’autres enfants avant. Mais les risques de départs étant là à chaque grossesse, j’ai aussi du m’organiser pour les suivants au cas où.

Tout d’abord, je voudrais te dire d’être simple. Tu vas avoir besoin d’aide, alors accepte. Tu es en train de faire grandir un être humain en toi, tu as presque tous les droits, et surtout celui que l’on s’occupe de toi ! Et celle qui te parle est celle qui avait dit « Mais non ne vous inquiétez pas, j’irai à la maternité à pied ce n’est pas loin ! », inconsciente que j’étais.

Alors comment s’organiser ?

Tu auras besoin d’aide pour t’y rendre (sachant qu’en priorité le SAMU peut être là en quelques minutes et ensuite les pompiers) . Tu auras aussi besoin d’aide pour sortir de la maternité avec ton beau bébé tout neuf et toutes ses affaires. Nos familles ne sont pas toujours proches géographiquement et pas forcément disponibles au premier coup de sifflet. Si c’est le cas, regarde dans ton entourage. Si tu viens d’arriver dans une nouvelle mutation, cela peut demander du courage, mais tourne toi vers les autres conjointes. Nous sommes toujours là pour un coup de main, encore plus dans un cas comme ça. Vraiment, n’hésite pas, même si tu ne connais pas encore ces filles, elles sont comme toi, elles vivent le même quotidien que toi, et ce sont elles qui auront besoin de toi plus tard. Ne te dis pas « Elle a des enfants, elle ne pourra pas m’aider », on trouve toujours des solutions. L’assistante sociale du régiment ou du bateau peut aussi t’aiguiller efficacement si tu n’oses pas.

Pour le grand moment lui-même (qui peut parfois durer bien longtemps !), il y a plusieurs écoles opposées, aucune n’est meilleure qu’une autre, c’est vraiment propre à chacune. Mais pose-toi la question avant. Alors, team « jamais seule, mais avec ma maman/ma sœur, ça reste en famille » ? Ou « jamais seule, mais avec une bonne amie qui réussira mieux à me comprendre » ? Ou encore « Personne d’autre que mon mari » ?. Il n’y a que toi qui peut décider.

Puisque je te raconte ma petite vie, dans mon cas c’était toute seule par choix, et je referai le même si l’occasion se présente à nouveau. Les sages-femmes étaient aux petits soins !

Emporte un bon appareil photos !

Prends le plus de photos possibles de ton bébé, ton mari ne le verra jamais comme ça et les enfants changent si vite en quelques heures ! Mais entre nous, si tu as la possibilité, n’envoie pas tout de suite les premières photos prises juste après la naissance… Commence par une prise au bout de quelques heures, quand ton bout-de-chou aura un peu « défroissé » ! Mon mari les a vues plus tard, mais dans l’ordre chronologique… Il a eu peur (alors qu’objectivement notre bébé était bien sûr le plus beau du monde) !

J’espère que tu pourras prévenir ton mari le plus vite possible. Mais ce n’est pas toujours le cas… Parle de lui à ton bébé, qui ne comprend peut-être pas, mais pour qui le mot « Papa » doit devenir comme une jolie musique chantante à son oreille, qu’il ne soit pas effrayé en le voyant enfin. J’avoue, j’avais même emporté une photo de mon mari, pour la montrer à son fils. Sauf qu’un nouveau-né ne voit pas grand-chose, donc ne va pas jusque-là !

Maintenant que tu as donné la vie, prends soin de toi. Savoure ces moments sans trop penser à ton conjoint, mais enregistre les pour lui. Si tu es seule, lui l’est aussi même au milieu de son régiment/équipage. Il n’aura pas vécu avec toi ces instants bouleversants. Il est frustré de ne pas avoir pu te soutenir, t’encourager. Et ne pas être le premier à tenir son bébé dans les bras. Cet enfant qui aura rencontré plein de regards différents avant de faire la connaissance de son papa.

Et le papa dans tout ça

Mon mari avait d’ailleurs fini par m’avouer qu’il était aussi déçu de ne pas « avoir vécu » un accouchement, par rapport à tous ses amis déjà papas… !

Si tu t’organise assez tôt, tu peux faire une surprise au nouveau papa. Pourquoi pas une boite confiée discrètement à un de ses amis avant le départ, à ouvrir quand la nouvelle lui parviendra ? Avec dedans de bonnes choses, des livres (il y en a beaucoup d’humoristiques pour les futurs parents), des cartes… J’avais mis aussi un body taille naissance avec des chaussons, pour qu’il matérialise un peu.

N’oublie pas de choisir le prénom ou les prénoms avant avec le papa, c’est toi qui fera la déclaration de naissance, et ton mari ne sera peut-être joignable.

Comme je te l’ai dit au début, je ne garde pas un mauvais souvenir de ce moment qui a marqué un tournant dans ma vie. J’ai pleuré oui, de joie devant mon bébé si beau, et de tristesse aussi devant lui en pensant à mon mari. Mais ainsi va la vie ! Pour tout te dire, j’ai préféré cette absence au départ en alerte qui a suivi mes deux accouchements suivants (le premier alors que nous montions dans la chambre après la naissance, le deuxième la veille de la sortie de la maternité), parce que je n’y été pas préparée.

En conclusion

Il a fallu attendre notre quatrième enfant pour qu’il vive un accouchement et les premiers mois avec son bébé. Comme quoi, tout arrive !

Répète toi que tu n’es pas seule, même si ton mari est sur un autre continent, vous restez unis, encore plus à travers ce petit bébé. Et nous sommes là, toutes tes sœurs, qui ne demandons qu’à veiller sur toi et ton bébé jusqu’au retour de ton homme !

 

Mathilde

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